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La T.U.L.I.P.E.
du Divin Jardinier
par Jean leDuc
A Christ seul soit la Gloire
TABLE DES MATIÈRES
Les Six Points du Souverainisme Séparatiste Qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme ! Vous trouverez ici une description du contenu des Six Points du Souverainisme Séparatiste qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme, formulés d’après les Canons de Dordrecht, représentés en français sous l'acronyme de T.U.L.I.P.E.. Ce document historique de la Réforme, est marquant, crucial, et extrêmement important. Il est chargé d'autorité et demeure toujours d'actualité. Nous vous exhortons à le lire et l'étudier très attentivement, en vous référant aux Saintes Écritures et à l'Esprit de Dieu, et même à le relire plusieurs fois, car sa profondeur exige une méditation et une étude soigneuse. Tout en faisant cela, comparez votre propre expérience de la grâce de Dieu en Jésus-Christ à ce qui y est écrit, et prenez bien soin d'y comparer tout ce qu'on entend dans les milieux évangéliques modernes et de ceux qui vous fréquentent, et vous verrez combien ce document est d'actualité et que la controverse et la guerre à ce sujet est loin d'être terminé, et ce, jusqu'à l'Avènement de notre Dieu et Roi, le Seigneur Jésus-Christ. Car qu'est-ce que cette controverse ou guerre doctrinale et spirituelle, sinon la même bonne vieille controverse de tous les temps: la controverse entre le salut par la foi ou le salut par les œuvres qui en ces derniers temps est connu comme le salut par le choix! À ce jour, ces déclarations doctrinales de T.U.L.I.P.E. sont demeurées inchangées et inébranlables; et elles continuent à être un rempart puissant contre l’hérésie rampante de l'Arminianisme avec son libre-choix, dont le danger est encore plus grand que dans les jours de Jacobus Arminius lui-même.
Les Cinq Points du Calvinisme sont connus sous le nom de "Doctrines de la Grâce" représentés en anglais sous l’acronyme « T.U.L.I.P.» et adopté en français sous celui de «T.U.L.I.P.E.», ce dernier contenant une voyelle d’extra. Quoique ces doctrines ne proviennent point de Jean Calvin, mais des Saintes-Écritures, elles furent soulignées et enseignées de nouveau par lui au temps de la Réforme. Ce fut au synode de Dordrecht, 1618-19, qui a été assemblé pour résoudre la contestation Arminienne dans les églises Réformées de la Hollande, que fut formulé ces vérités avec une grande clarté et dans des détails soigneux. Cette formulation officielle a été rédigée dans une confession qui a représenté le consensus de toutes les églises Réformées de ce jour, et qui se nomme LES CANONS DE DORDRECHT. De cette confession est sortie l’odeur exquise de la fleur du christianisme connue sous le nom de T.U.L.I.P. qui représente les Cinq Points du Calvinisme. La foi chrétienne nommée «le Souverainisme Séparatiste» ou «Calvinisme Marginal» reprend ces même points, les adoptant à une désignation française de Six Points qui correspondent exactement à leur forme originale dans la langue anglaise. Le but de mon document est de donner une formation de base sur les doctrines de la grâce, afin d’armer les chrétiens contre les nombreuses hérésies qui se retrouvent dans la pensée moderne évangélique, et de fortifier l’assurance de leur salut.
Jean leDuc, décembre 2004
LA SOURCE DE TULIPE A - L’infiltration de la fausse doctrine : Vers la fin du XVIème siècle, Jacob Arminius (ministre protestant d’Amsterdam en Hollande) commença à prêcher des choses contraires aux doctrines de la Grâce retrouvées dans la confession des églises réformées de son pays. Il infiltra le poison du Pélagianisme dans la Réforme lorsqu’il revint de son voyage à Rome après une rencontre avec les Jésuites. Les Robes-Noires lui transmirent cette hérésie (Hérésie: Grec = capacité de choisir, libre choix) dans le but de détruire la doctrine de la Double Prédestination que Rome a en aversion. Considérant qu’Arminius, comme tous les autres ministres, s’était engagé à soutenir et à prêcher les doctrines énoncées dans la Confession, cela constituait une grave offense par laquelle il fut appelé à rendre compte.
Mais rapidement, et malgré son rengagement à soutenir la doctrine réformée, sa prédication révéla à nouveau qu’il s’était éloigné de la position réformée, particulièrement en ce qui concerne l’œuvre de Dieu dans le salut. Une grande controverse s’ensuivit; Arminius mourut entre temps, mais ses disciples continuèrent à répandre ses hérésies que l’homme a la capacité de choisir de croire et qu’il ne peut être assuré de son salut. Les tenant de ces doctrines diaboliques opposées à la Réforme furent appelés «Arminiens», nom évidemment tiré de Jacob Arminius, et en 1610 ils présentèrent un document dans lequel ils énonçaient cinq articles de loi touchant la sotériologie (la doctrine du salut) en opposition précise aux enseignements des réformateurs. Ces articles furent connus sous l’appellation des «Cinq Remontrances».
B - La doctrine Arminienne Les Cinq Remontrances de l'Arminianisme sont la base de la foi de presque tous les mouvements évangéliques modernes, et servent de pont oecuménique pour un retour au Catholicisme. Ils sont proclamés subtilement soit d'une manière partielle ou absolue par les Baptistes, les Mennonites, les Pentecôtistes, les Charismatiques, les Frères Darbystes, les Méthodistes, l'Armée du Salut, les Disciples de Christ, l'Église de Dieu Universelle, les Mormons, les Adventistes, les Témoins de Jéhovah, et toute une gamme de sectes et de groupes dissidents.
Les arminiens déclaraient : 1. que l’élection de Dieu est motivée par le fait que Dieu « voyait à l’avance » que tel homme se repentirait et croirait de son propre « libre arbitre », (remplaçant ainsi la Justification par la Foi par la Justification par le Choix) ; 2. que la mort de Christ n’assure véritablement le salut d’aucun homme en particulier, mais rend seulement possible à tous les hommes d’être sauvés ; 3. le besoin de la régénération ; (Une explication de ceci révélait cependant que même là ils n’étaient pas d’accord avec les réformateurs quant à la nature de la régénération ou de la dépravation de la nature humaine). Ce fait est évident en ce qu'ils renversent le sens de la régénération, proclamant qu'il faut croire pour être régénéré (naître de nouveau) plutôt que d'être régénéré pour croire ; 4. que l’on peut entièrement résister à la grâce de Dieu i.e. que Dieu pouvait « tenter » de convertir un homme et faillir, (au détriment de la vérité que Dieu est Tout-Puissant, Souverain et infaillible) ; 5. qu’un chrétien pouvait à nouveau se perdre après avoir antérieurement été sauvé, signifiant que le salut d'un chrétien dépend de sa propre volonté et de sa capacité d'obéir et de plaire à Dieu.
C - La T.U.L.I.P.E. surgit du sol de la délibération : En 1618, un grand concile fut convoqué dans la ville hollandaise de Dort dans le but d’examiner l’enseignement des arminiens à la lumière de la Parole de Dieu. Des représentants de toutes les églises « réformées » d’Europe, incluant l’Angleterre, furent réunis. Après plus de six mois de délibérations prudentes, le synode rendit publique des décisions et constatations. Les doctrines d’Arminius furent prouvées dépourvues de fondements bibliques et le synode, en réponse aux Cinq Remontrances, produisirent cinq articles exposant la vérité scripturaire.
Les églises de la Réforme déclaraient : 1- que la nature de l’homme est totalement affectée par le péché, ce qui veut dire que sa volonté est aussi touchée par le péché et est asservie à sa nature pécheresse ; le salut de l’homme ne peut donc pas dépendre de son « libre arbitre » (ou volonté libre) Romains 7:18; 9 :15,16; Jean 1 :12,13; 2- que l’élection de Dieu, selon la doctrine de la double prédestination, ne fut pas motivée par le fait que Dieu voyait à l’avance la foi de l’homme, mais qu’elle est « selon le bon plaisir de sa volonté ». Éphésiens 1:5 ; Romains 8 :29; 3- que la mort de Christ assure et rend certain le salut des élus, les acquérant tous les dons nécessaires à ce salut (y compris la foi, la repentance, et la sanctification), et que, dans sa disposition, elle ne s’étendait qu’aux élus seuls ; Jean 6 :37,39,44; 15 :16; 17 :9; Romains 9 :22,23; 11 :5; 2 Corinthiens 7 :10; Philippiens 1 :29; 2 Timothée 3 :25; Tite 2 :14 ; 1 Thessaloniciens 5 :23; Hébreux 2 :11; 13 :12; 4- que la grâce de Dieu réalise toujours la fin qu’elle s’était proposée ; Romains 5 :20,21; 1 Corinthiens 15 :10; 2 Corinthiens 12 :9; Éphésiens 2 :8,9 ; Philippiens 1 :29; 5- que les élus de Dieu persévèrent jusqu’à la fin dans la foi et la sainteté, étant gardés par la puissance de Dieu. Jean 10 :3,4,5,27,28,29; 17 :15,24; Romains 8 :37,38; Philippiens 1 :6.
Il est important de remarquer que ce n’était pas là de nouvelles doctrines mais bien celles sur lesquelles la Réforme s’était édifiée. De même que l’enseignement d’Arminius fut connu sous le nom d’Arminianisme, de même la position des églises réformées et du synode de Dort fut connue sous le nom de « Calvinisme », et les cinq articles opposant le nouvel enseignement d’Arminius furent appelés en anglais « les cinq points du calvinisme » ou T.U.L.I.P. Notez qu’en français, l’acronyme T.U.L.I.P.E. prend une lettre d’extra pour former les Six Points du Souverainisme Séparatiste biblique, que nous verrons dans le prochain chapitre.
Le nom de Calvin fut rattaché à ces doctrines pour la simple raison qu’il était le plus grand théologien de la Réforme et qu’il était celui qui avait exposé le mieux, de façon systématique, les doctrines bibliques prêchées par les réformateurs. Ces doctrines ne sont pas apparues avec lui mais proviennent tout droit de la Parole de Dieu, elles avaient déjà été habilement exposées longtemps avant par Augustin, IV - Ve siècle ap. J-C..
D - Les arminiens d'aujourd'hui : Depuis le temps d'Arminius, bon nombre de théologiens et de pasteurs respectés, dont John Smith (1570-1614?), fondateur officiel des Baptistes; John Wesley (1703-1791), fondateur du Méthodisme; Charles Finney (1792-1875), source des mouvements de Réveils à tendances extatiques, ont épousé ce point de vue subversif. Aujourd'hui, les principales doctrines de l'Arminianisme ont infiltré et empoisonné presque tout le corps du christianisme. L'Arminianisme moderne fait partie de la sphère évangélique, ce qui signifie que, généralement parlant, les Arminiens défendent eux aussi les doctrines de la divinité de Christ, sa naissance virginale, sa résurrection corporelle, ainsi que l'inspiration et l'infaillibilité de l'Écriture dans les Autographes, mais d'une manière charnelle et subtile qui élève la dignité de l'homme et qui inverse et renverse l'Évangile de la Souveraineté de Dieu. Un loup déguisé en brebis demeure toujours un loup, et un billet contrefait peut séduire beaucoup de gens, mais non pas tous.
La réponse charnelle, humaine, terrestre que nous entendons si souvent, encore de nos jours, est que le juste devant Dieu est celui qui obéit aux commandements de Dieu, celui qui pratique la loi. C'était la position des pharisiens qui se croyaient justes parce qu'ils s'imaginaient mettre scrupuleusement en pratique la loi et la tradition rabbinique. Le légalisme, sous une forme ou une autre, se retrouve particulièrement parmi ceux qui prétendent plaire à Dieu par leur obéissance à la Parole en exerçant leur libre-choix.
Dans l'histoire de l'Église, cet enseignement a été repris par Pélage qui, en opposition à Saint Augustin, affirmait la capacité naturelle de l'homme pécheur à plaire à Dieu. Plus tard, le semi-pélagianisme de Thomas d'Aquin, présentant une harmonie entre la foi et la raison, avançait le postulat que l'homme, avec le secours de la grâce de Dieu, pouvait lui plaire.
L'Arminianisme évangélique se trouve, lui aussi, dans cette tradition quand il met tout l'accent sur la décision de l'homme pour recevoir le salut. Dans les mouvements Évangéliques et de Réveils, le salut est devenu une décision personnelle dont la formule populaire, «il faut accepter Christ comme son Sauveur personnel pour être sauvé», qui se trouve nul part dans la Bible, reflète la doctrine de la «Justification par le Choix» qui est l’opposé de «la Justification par la Foi». De nos jours, dans la vie du monde moderne, nous retrouvons cet enseignement du salut par les oeuvres ou par la volonté de l'homme à tous les niveaux de notre société corrompue. Cette infection virulente est devenue la base même de la démon-cratie et du capitalisme, domaine d'exploitation par excellence dont le but est de renverser Dieu et de dominer sur la race humaine entière. On ne peut donc être surpris que la stratégie globale des nations, en accord avec la religion, soit la domination du monde.
LA T.U.L.I.P.E. FRANCOPHONE
A – L’adaptation de la T.U.L.I.P.E. : Dans le jardin céleste du Divin Jardiner, pousse une fleur exquise qui est pour la nourriture des saints et des élus en qui demeurent la Sainte-Présence de Christ. De la T.U.L.I.P.E. divine proviennent toutes les grâces et les bénédictions du salut et de la vie éternelle en Jésus-Christ, notre Dieu, notre Sauveur, et notre Roi.
Dans la langue anglaise, les Cinq Points du Calvinisme sont représentés sous l’acronyme de T.U.L.I.P., mais vu qu’en français les définitions ne rejoignent point celles de notre langue sœur et que le mot contient une voyelle de surplus, nous avons donné des expressions appropriées qui rendent justice au sens original, et nous avons ajouté une nouvelle définition à la dernière voyelle qui ne trahi en aucun sens l’ensemble du contenu. Nous complétons ainsi le tout avec l’Évangile de la Souveraineté de Dieu. Nous obtenons donc l’acronyme T.U.L.I.P.E. ou les Six Points du Souverainisme Séparatiste biblique, qui correspondent exactement avec les Cinq Points du Calvinisme surnommés «le Doctrines de la Grâce».
Aussi, puisque le terme «Calvinisme» représente la théologie Réformée de la Souveraineté de Dieu, et que ce terme est mal compris, déprécié et repoussé par ceux qui sont malavisés, nous avons adopté celui de «Souverainiste Séparatiste». Nous avons fait ainsi pour représenter notre foi biblique face à la Souveraineté de Dieu dans la grâce du salut, lequel se tient complètement à part de tous efforts, coopérations, et mérites de l’être humain. N’étant pas de foi orthodoxe mais marginale, cette nouvelle désignation nous convient davantage, car nous sommes séparés du reste de l’orthodoxie de la théologie Réformée traditionnelle qui a besoin elle-même d'être réformée, et nous gardons uniquement les doctrines de la grâce qu’elle professe.
Nous confessons donc être de foi chrétienne «Souverainiste Séparatiste», et nous adoptons cette désignation pour nous identifier face au marasme des religions qui suivent la voie de la perdition. L’adaptation de la T.U.L.I.P.E. contient toute l’essence de notre foi dans les doctrines de la grâce que nous croyons et enseignons, et nous ne prétendons aucunement en être les seuls détenteurs. Notre foi repose en Christ qui seul détient la puissance de la rectification et de la restauration, et nous professons que sa Sainte-Présence en nous et en sa Parole est suffisante pour nous enseigner toutes choses.
B - La T.U.L.I.P.E. divine : Nous vous présentons ici l’acronyme de la T.U.L.I.P.E. divine, la fleur du Christianisme, avec ses définitions françaises :
TABLEAU DE COMPARAISON
TÉNACITÉ DE LA DÉPRAVATION TOTALE
A – L’esclavage de la volonté : Par suite de la chute, l’homme par lui-même est incapable de croire à l’évangile pour son salut. Le pécheur est mort, aveugle et sourd aux choses de Dieu ; son cœur est tortueux et méchant. Sa volonté n’est pas libre, elle est asservie à sa nature pécheresse de sorte qu’il ne va pas (il ne peut même pas) choisir le bien au lieu du mal dans le domaine spirituel. En conséquence, il faut plus que l’assistance de l’Esprit pour amener un pécheur à Christ ; il faut la régénération par laquelle l’Esprit donne la vie au pécheur et lui donne une nouvelle nature de laquelle surgit la foi comme moyen de grâce. Dans Jean 3 :3, l’expression «né de nouveau» signifie littéralement «régénéré d’en haut», indiquant que la régénération ou nouvelle naissance vient de Dieu et non d’aucunes capacités de la volonté ou du choix de l’homme (Jean 1 :13). La foi n’est pas la contribution de l’homme à son salut mais, est elle-même une partie du don de Dieu pour le salut ; elle est le don de Dieu au pécheur et non le don du pécheur à Dieu (Actes 13 :48; Philippiens 1 :29). La foi est issue de la régénération et non la régénération de la foi. Plus précisément, nous naissons de nouveau pour croire, nous ne croyons point pour naître de nouveau, ce qui serait renverser l'Évangile de la grâce.
B - Source et profondeur de la dépravation: Le résultat de la chute est la dépravation ou la corruption totale. Par ceci est signifié que chaque partie de l’homme est rendu corrompu. Les Canons de Dordrecht indiquent que l’homme «est devenu renfermé dans l’aveuglement de l’esprit, dans une obscurité horrible, dans la vanité, dans la perversion de ses jugements; est devenu mauvais, rebelle, obstiné de cœur et de volonté et impur dans ses affections.» Il n’y avait aucune partie de sa nature qui n’a pas été affectée par le péché.
Or il est impossible à l’homme pécheur de plaire à Dieu; dire autrement serait de la pure hypocrisie. Même l’apôtre Paul dit « qu’il n’y a rien de bien dans sa chair » et quoiqu’il reconnaisse le bien qu’il doive faire, il fait le mal qu’il ne veut point faire (Rom. 7 :18,19). Il n’y a aucun doute selon les Écritures que la dépravation de l’homme est totale et absolue. Nous citerions aussi l’exemple de Lazare, l’ami de Jésus, qui mourut et que le Seigneur ressuscita (Jean 11 :1-44). Comme analogie, l’histoire de la mort et de la résurrection de Lazare nous indique que l’homme, étant mort spirituellement, n’a aucun moyen de faire ce qui est bien pour la gloire de Dieu, ni d’exercer sa capacité de choisir, car il est mort et un mort n’a point la vie en lui. En d’autres mots, si nous pouvons nous exprimer ainsi, la vie de l’homme en ce monde est une vie de mort et non une vie d’entre les morts. Même aucun chrétien réel ne peut prétendre plaire à Dieu par ses agissements ou ses oeuvres, car quoique nous sommes sauvé en esprit, notre corps demeure toujours sous l’influence du péché (Rom. 8 :10) et en subit les conséquences tout le temps de notre existence. La foi constante qui nous est donné d’avoir en Christ est le seul moyen de plaire à Dieu, de faire l’œuvre de Dieu (Jean 6 :28,29).
C - La déviation de l’Humanisme : L’Arminianisme est connu aussi sous le terme de «Humanisme). Une distinction qui est souvent faite est la distinction entre le motif intérieur du cœur et son évidence extérieure. Certains maintiennent que l’homme, quoiqu’il soit dépravé en ce qui concerne ses œuvres extérieures, qu’il détient encore néanmoins une capacité considérable de faire le bien. Il peut effectuer des œuvres qui sont extérieurement en harmonie avec la loi de Dieu. Il ne vit pas une vie totalement adultère. Il ne tue pas tous ceux qu’il rencontre sur la rue. Il est capable de conformer sa vie et sa conduite d’une façon externe à la loi de Dieu et de faire de grands biens, quoique intérieurement il soit corrompu. Les humanistes sont pleins de tels exemples, et dans ce contexte ils sont fiers de citer la vie de personnes notables comme Gandhi, Martin Luther King, sœur Thérèsa, et plusieurs autres qui ont contribué à glorifier la nature humaine plutôt que Dieu.
Ceci est une chose que les anciens de Dordrecht n’ont jamais voulu dire. Ils ont parlé d’une dépravation totale et absolue. Ils indiquèrent par cela que la nature de l’homme est autant malsaine et pernicieuse qu’elle le fut depuis la chute. Et c’est exactement ce que l’Écriture enseigne.
D - Les bontés naturelles sont impuissantes : Une autre distinction est faite entre ce qui est nommé spirituellement bien et ce qui est naturellement bien. La citation ci-dessus suggère également cette même distinction. Par ce qui est spirituellement bien, ils établissent une base qui serait possible au salut. Ceci est une tentative de l’homme à s’élever vers le ciel. N’est-ce pas la même tentative que fit Lucifer (Ésaie 14 : 12-14). Ceux-ci insistent sur le fait que, alors que l’homme est en effet incapable d’un tel bien spirituel, néanmoins il est certainement capable de bien naturel. Par bien naturel ils signifient quelque chose comme une bonté externe qui est conforme à la loi de Dieu. Ceux qui maintiennent ceci nous indiqueront que dans le monde dans lequel nous vivons, il se trouve amplement de tels biens qui sont fait par plusieurs. Ainsi, voulant obstinément se justifier par leurs œuvres, ils sont rejetés de la grâce de Dieu (Gal. 5 :4).
E - L’homme est spirituellement mort depuis sa naissance : Quand Calvin et les anciens de Dordt insistèrent sur le fait que la dépravation était totale, ils connaissaient très bien la signification des mots. Ils signifiaient par l’expression «dépravation totale» ce que l’Écriture appelle la mort. Le pécheur est mort, c’est à dire «spirituellement mort». Du moment de sa naissance en ce monde, il est un être dépourvu et entièrement ruiné spirituellement. Il n’est pas malade. Il n’est pas affligé avec une maladie ou une malformation du code génétique quelconque qui serait mortelle à son existence. Il est mort du moment de sa naissance, un point c’est tout. Cet enseignement est souligné fortement à travers les Écritures qui insistent sur la vérité immuable que le pécheur est définitivement et complètement mort. Rien ne peut changer cela, ni la science de l’homme, ni sa religion, ni sa capacité de choisir; un mort est mort et ne peut se relever d’entre les morts de lui-même, il ne peut croire de lui-même ni être sauvé de par sa propre volonté (Jean 1 :13). Bref, il ne peut choisir de croire en Christ ni de l’accepter comme Sauveur personnel, car il est mort et toutes ses dispositions et ses aspirations ne sont que corruption. Toutes prétentions contraires viennent de l’esprit de rébellion et d’indépendance en l’homme, et l’esprit de rébellion et d’indépendance est un esprit de mort. Ainsi nous arrivons inévitablement à la question que les disciples posèrent à Jésus : « Qui donc peut-être sauvé ? Et Jésus, les regardant, leur dit : Quant aux hommes, cela est impossible; mais quant à Dieu, toutes choses sont possibles (Matt. 19 :25,26) ».
Ceci signifie que la nature humaine est tellement et complètement corrompue par le péché qu’elle est incapable de produire quoique ce soit de bon. Il n’y a rien que le pécheur peut faire qui est agréable dans à la vue de Dieu. Son cœur est complètement mort. Salomon ne dit-il pas : «hors du cœur procèdent les sources de la vie ?» (Prov.4 :23). Pourtant le cœur, qui est la source de la vie de tout l’homme, est mort; et tout ce qui en procède n’est que l’odeur de la mort. L’esprit de l’homme est mort, son raisonnement est stagnant. Il est tellement obscurci par le péché que l’homme ne peut pas avec son esprit savoir ce qui est bon spirituellement. Dans un sens formel, il peut comprendre naturellement la vérité, mais il en saisit seulement que le sens externe et non interne. Quand un homme pécheur lit les Écritures, il peut comprendre la signification grammaticale des mots, mais non le sens spirituel. Il peut comprendre les pensées dans ces mots et les raisonner avec son esprit. Ce n’est pas le point. N’oublions pas qu’à l’origine le péché de l’homme consistait à déclarer son indépendance en choisissant de lui-même de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est à dire qu’il avait déterminé de prendre sa vie en main, d’être le maître de son destin en choisissant ce qui est bien ou ce qui est mal pour lui-même dans sa vie au détriment de Dieu. Cette capacité de sélectionner lui est demeurer, et il vit sa vie de tous les jours en exerçant cette faculté de mille et une façons naturelles, car telle fut sa condamnation : «…le sol sera maudit à cause de toi; tu en mangeras les fruits avec peines tous les jours de ta vie» (Gen. 3 :17). Tous les choix et les raisonnements de l’homme sont ainsi esclave de la chair et de la corruption. Son esprit est tellement rempli des ténèbres du mensonge qu’il ne s’y trouve aucune place pour la vérité.
F - La condamnation des agissements de tous les jours Le même est vrai de la volonté de l’homme. L’esclavage de sa volonté décrit clairement l’état de l’homme avec précision : il est lié par le péché et en est son esclave. Il ne peut même pas avoir la capacité de faire le bien (Rom. 7 :14-21). Le pécheur ne peut même pas ce qui est bien, ni le veut-il. C’est sa nature. Il est mort. Un homme mort peut-il penser ? Un homme mort peut-il vouloir ? Un homme mort peut-il démontrer de la vie ? Un homme mort peut-il choisir d'accepter Christ comme son Sauveur personnel ? L’homme est spirituellement mort et est incapable de bien spirituel, car même le bien qu’il fasse est mal aux yeux de Dieu puisqu’il est sous la condamnation depuis la chute. Tous ses agissements naturels pour complaire à son existence de tous les jours sont sans valeurs, car ils contribuent à élever la dignité de l’homme au-dessus de la Souveraineté de Dieu, et tous sont teintés de la ténacité de la dépravation totale de sa nature qui est esclave du péché et de la chair. Bref, nos choix de tous les jours sont l’évidence de notre condamnation depuis la chute (Gen. 3 :6).
UNICITÉ DE L’ÉLECTION INCONDITIONNELLE
A - L’Élection inconditionnelle ou la double prédestination Le caractère unique ou l’unicité de l’élection inconditionnelle est que Dieu a choisi certains individus avant la fondation du monde pour qu’ils soient sauvés dans le but de manifester sa gloire, et selon la réprobation il a prédéterminé les autres à la perdition, de les exclure de la grâce et de les punir pour leurs péchés dans le but de manifester sa justice (Rom. 8 :28,29; 9 :22,23; Éph. 1 :4,5,11; 2 Tim. 1 :9; Prov. 16 :4; 2 Pi. 2 :9; Jude 4). Ce choix était uniquement motivé par sa propre volonté souveraine (Rom. 9 :15,16,18; Éph. 1 :5; 2 Tim. 1 :9). Il n’a pas choisi certains pécheurs parce qu’il prévoyait une réponse ou une obéissance de leur part, comme la foi, la repentance, etc. Au contraire, Dieu accorde la foi, la repentance, et la sanctification à chaque individu qu’il a choisi (Ac. 13 :48; Phil. 1 :29; 2 :13; 2 Tim. 2 :25). Ces actes sont le résultat et non la cause du choix de Dieu (Phil. 1 :6). L’élection ne fut donc pas conditionnées par quelque qualité vertueuse ou quelque action prévue dans l’homme (Rom. 7 :18). Ceux que Dieu a élus souverainement au salut avant même la fondation du monde, il les amène par la puissance de l'appel irrésistible de l’Esprit à recevoir Christ comme Sauveur et Seigneur (Jean 6 :68; 10 :3,4,27). Ainsi, c’est le choix du pécheur de la part de Dieu, et non le choix de Christ de la part du pécheur, qui est la cause ultime du salut (Jean 1 :12,13). Le choix appartient à Dieu et non à l’homme.
B - Source et importance de l'Élection: Il est évident que tous les Six Points du Souverainisme sont d’une importance capitale. En effet, si n’importe quels des Six Points du Souverainisme étaient niés, notre héritage spirituel serait complètement perdu. Or il est certain que la vérité de l’Élection Inconditionnelle est le solide fondation de chacun d’eux. Cette vérité est la pierre angulaire de la foi biblique et chrétienne. C’est la base de la vérité de Dieu au sujet de notre salut. C’est le cœur et le noyau mêmes de l’Évangile de la Souveraineté de Dieu. C’est la base de toute la consolation et de l’assurance du peuple de Dieu au milieu du monde. Elle seule inspire dans les cœurs des fidèles l’espoir brûlant de la vie éternelle. Il n’y a aucun doute que c’est précisément pour cette raison, qu’aucune autre vérité dans toute l’histoire du christianisme, ne fut attaqué si vicieusement avec consistance que la vérité de l’Élection Inconditionnelle. Mais aucun homme ne peut jamais prétendre être Chrétien ou Souverainiste sans qu’il tienne fermement son engagement envers cette vérité précieuse.
Nous sommes généralement portés à retracer cette vérité de l’Élection Inconditionnelle au temps de la Réforme de Calvin. Mais ce n’était pas Calvin qui était le premier pour développer cette vérité. Or, tout comme avec la vérité de la Dépravation Totale, il en est ainsi avec cette vérité. St. Augustin, qui vivait plus d’un millénium passé, au cinquième siècle, en avait déjà parlé. En cela il reprenait l'enseignement de l'apôtre Paul. Mais le premier à parler d’elle ne fut nul autre que le Seigneur Jésus-Christ Lui-même:
«... car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus» Matt. 20:16 (Bible Martin) «Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus...» Jean 15:16 «... il nous a élu en lui avant la fondation du monde...» Eph. 1:4 (Bible Ostervald)
Dans les âges sinistres entre Augustin et Jean Calvin, nous trouvons que très peu ont maintenu cette vérité avec l’accent qu’Augustin y avait placé. Ce ne fut point avant la période de la Réforme Protestante que la vérité de la prédestination souveraine fut amenée d’avant. Le Réformateur Martin Luther l’a cru, l’a maintenu, et l’a enseigné avec emphase. Mais Luther ne la fit jamais une partie intégrale de sa théologie. Le souci d’importance capitale pour Luther était la vérité de la Justification par la Foi, et il n’élabora point la vérité de la prédestination souveraine dans toutes ses spécifications scripturaires. Ce travail a été effectué par Jean Calvin. Et, en effet, s’il y avait une raison pour laquelle Calvin fut détesté, c’est parce qu’il maintenait fortement la vérité de l’Élection Inconditionnelle sans broncher. Toutefois cette Réforme était une Réforme de l’Église, une Réforme Orthodoxe des institutions et des structures de la foi dans un contexte religieux rigide, ce qui était nécessaire pour ce temps. Mais la Réforme des Derniers Temps est une Réforme Marginale, une Réforme de la foi dans les cœurs et les foyers qui n’a aucune institution sauf la famille, aucune forme sauf la Bible, et aucune loi sauf la loi de l’amour, de la vérité, et de la liberté.
siècle que cette vérité essentielle de l’Élection Inconditionnelle fut attaquée par Arminius. Professeur de théologie à l’université Réformée de Leyde, il avait étudié à l’Académie de Genève; mais néanmoins il répudia ouvertement la vérité de la prédestination. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les Arminiens enseignent l’élection conditionnelle. Ils ne croyaient point en la doctrine de la Dépravation Totale pour commencer. Ils ont voulu préserver chez l’homme la liberté de sa volonté – la puissance de la volonté de l’homme de choisir le bien, d’accepter librement l’offre de l’Évangile selon son propre choix. Ce fut leur prétention que Dieu, de sa part, aimait tous les hommes, et que la haine et la colère furent étrangère à la nature de Dieu, et que c’était l’intention et le désir de Dieu de sauver tous les hommes, et qu’ainsi, Dieu rendit le salut disponible et accessible à tous les hommes par le rachat universel – une croix universelle sur laquelle le Christ est mort pour les péchés de tous les hommes. Mais il est clair que dans un système tel que celui proposé par les Arminiens, qu’il n’y a aucune place pour l’Élection Inconditionnelle. Tandis que les Arminiens cherchaient à maintenir le langage Réformé et scripturaire en parlant de l’élection, ils tranchèrent le cœur de cette vérité importante et merveilleuse en insistant sur le fait que l’élection est conditionnelle. Dieu choisit ceux qu’il sait d’avance vont croire, disent les Arminiens. Dieu a élu ceux qu’il sait accepteront de leur propre choix l’Évangile qui leur est offert. Dieu a élu ceux qu’il sait accepteront l’Évangile par un acte de leur propre volonté et qui persévéreront également de cette manière dans l’Évangile et garderont par eux-même cette foi qu’ils ont exercée. L’élection devient ainsi basée sur l’œuvre de l’homme et non sur la souveraineté de Dieu. Ainsi, faisant de la foi une faculté intellectuelle et du salut une décision personnelle, l’homme demeure le maître de son destin et la dignité de l’homme est préservée au détriment de la vérité. La JUSTIFICATION PAR LE CHOIX et non LA JUSTIFICATION PAR LA FOI devient ainsi l’essence de l’élection conditionnelle de l’Arminianisme. N’est-ce pas une répétition des évènements qui se produisirent dans le jardin d’Eden quand la femme fut tentée par Satan d’utiliser son libre choix afin de déclarer son indépendance pour qu’elle et son mari deviennent comme des dieux ? Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, nous dit l’Ecclésiaste.
L’élection est donc ce décret de Dieu par lequel, d’une liberté souveraine, il choisit un seul peuple pour lui-même dans lequel il détermina de mettre son amour, et lequel il délivra du péché et de la mort par Jésus-Christ, pour participer à sa gloire éternelle. Il est important de spécifier que Dieu a un seul peuple de disposés au salut, non un peuple national, mais celui des élus qui est appelé irrésistiblement d’entre tous genres d’hommes. Cette élection est souveraine, elle est le choix souverain et libre de Dieu. Cette élection est éternelle tout comme le conseil de Dieu est éternel. Cette élection est inchangeable tout comme le conseil de Dieu est inchangeable. Cette élection est efficace de sorte que le décret de l’élection lui-même soit, par Christ, la puissance par laquelle les élus sont sauvés réellement.
En changeant l’élection inconditionnelle pour une élection conditionnelle, le cœur de la vérité du salut est détruit parce que la puissance de la grâce souveraine est reniée comme puissance par laquelle Dieu sauve ceux qu’il a choisis de lui appartenir éternellement. La rédemption particulière ou rachat limité est ainsi rejeté, quoiqu’on enseigne cette vérité sur chaque page de l’Écriture. Conséquemment la dépravation totale est rejetée aussi et à l'inverse plusieurs choses louables sont trouvées en l’homme, dont la principale est sa capacité de coopérer dans l’œuvre du salut. C’est l’élection conditionnelle qui prépare le terrain pour toutes les autres hérésies. Tout entre en ligne de compte. Le choix de Dieu n’est donc plus souverain, mais dépend de ce que l’homme fera avec le salut que Dieu lui offre affectueusement, mais qui ne lui appartiendra pas s’il ne l’accepte ou le rejette par son propre pouvoir.
C - La vérité de la Réprobation: Dans ce contexte, nous devons mentionner aussi la vérité de la Réprobation. En premier lieu, on doit souligner que la vérité de l’élection et de la réprobation se tiennent ou tombent ensemble. Nier l’élection est de nier la réprobation. Nier la réprobation est de nier l’élection. Croire en l’élection est de croire en la réprobation. Croire en la réprobation est de croire en l’élection. Il n’y a aucun compromis sur ce point. Calvin a une très belle citation sur ce sujet dans ses Instituts. Il écrit dans le Livre III, Chapitre XXIII, Para. 1 :
«Plusieurs, en effet, comme s’ils voulaient éviter la haine de Dieu, admettent l’élection d’une telle façon à nier que certains sont réprouvés. (C’est le cas de la grande majorité des Baptistes et des mouvements dits Évangéliques qui se refusent l’appellation de Arminiens.) Mais ceci est puéril et absurde, parce que l’élection elle-même ne pourrait pas exister sans avoir son opposée dans la réprobation. Dieu sépare ceux qui sont sauvé de ceux qui sont perdu. Ceux que Dieu laisse de côté il les réprouve, et cela pour aucune autre cause que sa détermination de les exclure de l’héritage qu’il a prédestiné pour ses enfants. Or l’irritabilité des hommes est intolérable, si elle refuse d’être retenue par la Parole de Dieu qui traite de son conseil incompréhensible, adorés par les anges eux-mêmes. »
Le décret de Dieu sur la réprobation est également un décret de son conseil souverain, éternel et inchangeable. Selon ce décret dans lequel nous voyons que la Chute fut prédéterminée d’une manière absolue, Dieu détermina de révéler sa justice, sa colère, et sa haine du péché, et de cette façon la sainteté de son propre être divin, dans des vaisseaux de colère préparés pour la destruction et punis éternellement dans l’enfer en raison de leurs péchés.
Il n’est pas du tout étrange que cette vérité de la double prédestination soit niée presque universellement. Aujourd'hui il est évident que ceux qui adoptent la position Arminienne ne parlent plus aucunement de la prédestination. Cette vérité divine, longtemps négligée, ne se retrouve plus dans le christianisme moderne apostasié, car l’Arminianisme n'a pas de place pour la prédestination, ni désirent-ils la reconnaître. Et quand ils lui donnent quelques assentiments prétentieux, ce n’est que pour en torde le sens à leur propre perte, confirmant ainsi leur réprobation sans qu’ils le réalisent.
Plusieurs nient la vérité de la double prédestination en soulevant des objections contre la doctrine. Ces objections sont aussi anciennes que la doctrine elle-même. Les mêmes objections que nous entendons aujourd'hui ont déjà été formulées aux jours d'Augustin - en effet, aux jours même de l’apôtre Paul. Une catégorie de ces objections se résume en une charge de fatalisme. Il est dit que la vérité de la double prédestination est fataliste et qu'elle est semblable à l’horrible doctrine de l’Islam. Mais l’Islam n’a aucune place dans sa théologie pour un Dieu d’amour, ni pour un Rédempteur. Ces objections, qui proviennent surtout des mouvements Évangéliques et Œcuméniques, veulent signifier que la vérité de la double prédestination rend les hommes négligents et en fait des pécheurs profanes. Cette doctrine réveille chez les hommes l’affirmation: "laissez-nous péché que la grâce surabonde." Cette doctrine force les hommes à dire: "Si je suis un élu, je vais aller au ciel que ce soit quoique je fasse - même si je commets les péchés que je désire faire. Ainsi je m'amuserai dans cette vie, parce que mon péché ne peut pas changer mon élection. Et, d'autre part, si je ne suis pas un élu, je n’irai pas au ciel même si je vis une bonne vie. Par conséquent j'irai sûrement en enfer si je suis un reprouvé quoique je vive saintement. Donc, je suis aussi bien jouir de la vie et péché autant que possible. Rien ne peut changer la détermination éternelle de Dieu." Ainsi, il est dit, la doctrine de la double prédestination selon la Souveraineté de Dieu détruit la responsabilité de l’homme et la raison de son existence, et fait de lui qu’un stock vendu aux enchères.
Cet enseignement de la Réprobation ne peut être accepté par ceux qui cherchent à se justifier devant Dieu par leur conduite ou leurs mérites. Ainsi ils soulèvent contre Dieu l'accusation d'être injuste, comme si Dieu leur devait le Salut éternel, malgré leur rébellion. Ceci ne se justifie nullement, nous dit A.R. Kayayan, "Révélation et Connaissance du Salut". «On pourrait parler d'injustice de Dieu si l'homme pouvait avoir une quelconque prétention par rapport à Dieu. Mais la situation est totalement autre. Car tous les hommes, sans exception, ont abandonné Dieu pour s'adonner au péché. Personne n'a le droit de contester Dieu pour son élection ou sa réprobation. Dans le contexte de la Prédestination, Dieu serait injuste s'il n'avait pas appelé les élus au salut (Mat.20:14,15; Rom.9:14,15). La doctrine du Salut par la Grâce est nulle autre que la doctrine de la Prédestination qui comporte deux parties: l'Élection et la Réprobation. La doctrine de l'élection laisse entendre, naturellement, que Dieu n'a pas choisi ou élu tout le monde pour être sauvé. S'il a décidé de sauver les uns, il a aussi décidé de réprouver ou de ne pas sauver les autres. La réprobation peut être définie comme «le dessein éternel de Dieu d'exclure certains hommes de sa grâce spéciale pour les punir à cause de leurs péchés pour manifester sa justice».
Plusieurs faux chrétiens s'opposent avec véhémence à la doctrine de la Réprobation, prétendant qu'elle n'est pas enseignée dans les Écritures. Mais la Parole de vérité renverse leur faux raisonnement: "Car avant que les enfants fussent nés, et qu'ils eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein arrêté selon l'élection de Dieu demeurât, non point par les oeuvres, mais par celui qui appelle, il lui fut dit: le plus grand sera asservi au moindre. Ainsi qu'il est écrit: J'ai aimé Jacob, et j'ai hais Ésaü. Que dirons-nous donc? Y a t'il de l'iniquité en Dieu? A Dieu ne plaise!" (Rom.9:11-14); "Et qu'est-ce si Dieu, en voulant montrer sa colère, et donner à connaître sa puissance, a toléré avec une grande patience les vaisseaux de colère, préparés pour la perdition; et afin de donner à connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de miséricorde, qu'il a préparé pour la gloire" (Rom.9:22,23); "L'Éternel a fait tout pour soi-même, et même le méchant pour le jour de la calamité" (Pro.16:4); "La Pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, est devenue la Pierre maîtresse du coin, une Pierre d'achoppement, et une Pierre de scandale; lesquels ceux-ci se heurtent contre la Parole, et sont rebelles; à quoi aussi ils ont été destiné" (1 Pi.2:7,8); "Car quelques-uns se sont glissés |